Un comité consultatif, nécessaire ou superflu ?

Un comité consultatif, nécessaire ou superflu?

30 novembre 2015Droit des affaires et corporatifNormand TherrienNormand Therrien

Les statistiques compilées par la Banque de développement du Canada démontrent qu’il est important pour les PME canadiennes de considérer l’apport positif d’un comité consultatif dans la gestion d’une entreprise de nos jours. En effet, à peine 6% des PME canadiennes font usage d’un comité consultatif, mais leurs performances financières sont nettement supérieures à la suite de sa mise en place.1  Le comité a pour fonction de donner conseils et recommandations au propriétaire de l’entreprise dans de multiples domaines pour favoriser la croissance et la bonne gestion. Cependant, les personnes membres du comité consultatif ne partagent pas les devoirs et obligations des membres du conseil d’administration face au public, aux actionnaires et aux créanciers. Effectivement, les membres du comité ont comme seul mandat le partage de leurs expériences et opinions pour vous aider à prendre les bonnes décisions.

Mettre ce type de comité sur pied requiert un certain investissement en temps et en argent de votre part, la question qui vous vient naturellement est donc : cela en vaut-il la peine? La réponse selon moi est : DÉFINITIVEMENT. Néanmoins, il faut bien choisir vos collaborateurs et vous assurer de leur engagement si vous souhaitez maximiser les effets bénéfiques que le comité peut avoir sur votre entreprise.

Tel que mentionné plus haut, le comité consultatif n’est pas un substitut au conseil d’administration, mais ils ont certains points en commun dans leur mode d’opération. Par exemple, une rencontre de comité consultatif devra être planifiée au préalable comme pour un CA. Un ordre du jour ainsi que les informations pertinentes à la rencontre doivent être communiqués aux membres à l’avance pour s’assurer qu’ils puissent se préparer efficacement. En l’absence de préparatif sérieux de la part des membres, le comité consultatif perd beaucoup de son utilité.

Pour ce qui est de la taille du comité, la règle générale veut que le nombre de membres soit relativement limité pour faciliter les échanges. De quatre à six personnes, y compris vous-même, suffiront normalement à fournir des points de vue variés et un large éventail de connaissances. Les membres devraient être des gens qualifiés et respectés qui vous complémentent bien au niveau des compétences. Par exemple, si vous êtes moins doué avec les chiffres, vous pourriez fortement bénéficier de la présence d’un comptable expérimenté sur votre comité consultatif. Un conseiller juridique peut aussi être un atout de taille en tant que membre de votre comité. 

Vous devez être ouvert aux suggestions et critiques de votre comité consultatif. Il ne sert à rien de consacrer du temps à un tel comité si vous ne tenez aucunement compte de leurs commentaires ou réagissez mal à leurs critiques.  Dans la même veine, ce genre de comité ne pourra pas bien accomplir sa tâche s’il n’a pas un accès suffisant aux données confidentielles de l’entreprise, il faut donc accepter de partager certaines données sensibles. La bonne pratique veut qu’une entente de confidentialité soit ensuite signée par les membres du comité qui ne sont pas tenus par le secret professionnel. 

Selon mon expérience, c’est un atout incontournable pour toutes les PME. Effectivement, le comité consultatif peut avoir comme effets d’étoffer la réputation de l’entreprise, de la pousser à l’innovation, d’améliorer les marges et d’aider dans la gestion du capital humain. Tous ces avantages valent décidément les efforts requis pour mettre sur pied un comité efficace. 

En terminant, les rencontres trimestrielles sont suggérées puisqu’elles n’accaparent pas trop les membres du comité et leur laissent le temps de se préparer adéquatement. Je vous suggère aussi de rémunérer convenablement les membres de votre comité pour leur participation. Nous ne parlons pas ici d’une rémunération à la hauteur de celle des membres du conseil d’administration, mais le montant doit vous permettre d’attirer des gens compétents qui prendront le temps de se préparer avec rigueur aux rencontres du comité.

N’hésitez pas à contacter un de nos professionnels pour discuter d’une place au sein de votre comité consultatif, nous avons le succès de vos affaires à cœur.

1 Banque de développement du Canada, « Les comités consultatifs : Un atout incontestable pour les PME canadiennes», (2014), en ligne: www.bdc.ca/FR/a_propos/recherche_pme/Pages/comites_consultatifs.aspx

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